Le Blog
Bienvenue sur le blog officiel de Bernard Werber
23.10.2018
14 -“COMMENT J'AI DECOUVERT MES VIES ANTERIEURES". HISTOIRE REELLEMENT VECUE N°14


14 - "COMMENT J'AI DECOUVERT MES VIES ANTERIEURES". HISTOIRE REELLEMENT VECUE N°14

En dehors de l’hypnose ma deuxième source d’inspiration pour "LA BOITE DE PANDORE" fut la visite de mes propres vies antérieures. Là encore, ce que je vais vous raconter n’a aucune prétention de vérité. Ce n’est que du ressenti subjectif et il est possible que ce ne soit que le fruit de mon imagination. Je vous la livre comme il m’a semblé l’avoir vécue,avec les détails dont je me souviens le mieux.
La première expérience que je fis dans ce domaine se déroula en septembre 1998, avec Philippe Leroux, si me souviens bien, un ancien batteur de Johnny Halliday. Il me fit étendre sur un sofa et me demanda : « quelle vie voulez-vous aller visiter ? ». Je répondis : « Celle où j’ai connu ma plus grand histoire d’amour. »
Je fermais les yeux. Il me proposa de visualiser une falaise d’où partait un pont qui montait vers un nuage opaque. Une fois que j’arrivais à l’intérieur du nuage il me dit que le pont allait redescendre sur un lieu et une époque correspondant à ma requête.
Ainsi, au bas de l’autre extrémité du pont, j’aboutis sur une plage. Sur cette plage se trouvait un homme face à la mer, en train de faire des ricochets avec des galets. Il était en jupe, il était musclé et bronzé et, en entrant dans son esprit, j’eu l’information qu’il avait plus de 800 ans.
Philippe me demanda comment il s’appelait.
Je lui répondis que quand il pensait à lui-même, il ne se nommait pas, mais s’appelait « moi », je ne pouvais connaître son nom.
De même, je ne pouvais dire où et quand cela se trouvait puisque, dans son esprit, l’homme ne répétait pas le nom de sa ville ni la date à laquelle il se trouvait. Il y a que dans les romans où il y est inscrit « Venise 1750 après Jésus-Christ, 8h30 du matin. »
Moi-même, je n’ai que rarement la pensée de mon nom, de la date à laquelle je vis et de mon emplacement géographique.
Je lui dis que l’impression de décontraction chez ce personnage était spectaculaire, jamais je n’avais vu quelqu’un d’aussi cool. C’est comme s’il n’avait jamais eu la moindre contrariété de toute sa vie.
J’étais parvenu à déduire qu’il soignait les gens par gestion de l’énergie en apposant ses mains. Et j’assistais même à une séance où il soignait un de ses meilleurs amis, architecte. Il visualisait l’énergie sous forme de lignes, comme un réseau de fins fils rouges et blancs sous la peau.
Ensuite, il envoyait de l’énergie par le biais de ses mains et, ayant repéré les embouteillages, il parvenait à les fluidifier.
Mon ancien moi-même dit à cet architecte que son problème n’était pas énergétique, mais de constipation et qu’il devait boire davantage. Cela donna une idée à l’architecte. Il expliqua son idée : construire un système d’évacuation des eaux usées par des égouts où circulerait de l’eau pour que la ville ait une meilleure odeur.
Par la suite je rencontrais une jeune femme danseuse dans un cabaret qui à la fin de son spectacle vint vers moi et me demanda de la former à ma technique de soin. Ce que j’acceptais volontiers. Ce fut elle mon grand amour (là non plus je n’avais pas son prénom ni son nom). Nous nous installâmes assez vite ensemble et nous eûmes trois enfants. La dernière scène était celle du déluge ou, cette jeune femme et moi-même, sachant que nous allions être engloutis par l’immense vague nous étions disposés sur la plage.
Nous étions dans une totale acceptation de notre destin.
Nous nous tenions par la main. Le dernier souvenir de cette séance était la vague qui arrive sur nous, nous entrons dans un tourbillon aquatique, et puis vient l’instant ou nos mains se lâchent et je sens que l’eau salée entre dans mes poumons. Et tout comme dans la « Boite de Pandore » je me suis dit « c’était une belle vie, et je suis content de l’avoir vécue». Mais à la différence du roman il n’y a pas eu de dialogue entre l’homme en jupe de 800 ans et moi à travers les siècles. Je n’ai fait que voir et ressentir ces moments précis de sa vie.
A la fin de la séance je bondis sur mon smartphone pour noter le maximum de détails dont je me souvenais de ces scènes et notamment des descriptions des vêtements, des pièces, des rues, de la nourriture.
C’était cela qui me troublait le plus. Seul mon imaginaire de romancier ne pouvait avoir autant de détails aussi précis.
Par la suite j’ai fait tout seul d’autres séances, en mettant au point le protocole du couloir avec les portes.
J’ai ainsi pu revivre ma vie de femme de harem en Égypte peut être dans une période correspondant en moins 300 avant JC. (je ne suis évidemment pas sûr de la date vu qu’il n’y avait pas de calendrier). C’était une vie d’oisiveté totale. De mon souvenir nous ne servions que de faire valoir pour que notre propriétaire épate ses copains. Avoir une quarantaine de femmes enfermées chez soi devait être un signe de réussite sociale de l’époque. Nous mangions bien, nous avions de beaux vêtements de beaux bijoux, nous étions protégés des épidémies et des guerres extérieurs mais qu’est-ce qu’on s’ennuyait ! Les autres femmes jacassaient autour du bassin piscine central mais comme il n’y avait aucune connaissance du monde extérieur, cela manquait de sujets de discussion.
On nous disait que si on savait ce qu’il se passait en dehors de notre cage dorée, nous serions effrayées et qu’il fallait apprécier notre chance d’être protégées et préservées des vicissitudes extérieures. Il y avait des groupes de copines qui rivalisaient avec d’autres et se disputaient pour des histoires de nourriture, de vêtements ou de trahisons. C’était nul. Beaucoup espéraient avoir des enfants, mais notre propriétaire ne venait jamais. Je m’étais faite copine avec un eunuque qui avait beaucoup d’humour et le soir nous restions sur le toit terrasse à plaisanter de tout et de rien, de nous moquer des autres filles et du propriétaire absent. Nous avions entrepris sous son initiative le dessin du ciel étoilé sur un grand parchemin que nous étendions sur une table avec deux pierres. Nous essayonsde noter tout ce que nous voyons (à l’époque j’avais une bonne vue) sans le moindre télescope et surtout tout ce qui avait bougé entre la veille et le jour même. Parfois on entendait des cris de rage ou de douleur en provenance du monde extérieur. Je ne voulais surtout pas m’évader de cette prison de luxe car je savais qu’à l’extérieur le monde était sale et violent mais j’ai un souvenir de perte de temps qui explique peut-être mon besoin permanent d’activité et de créativité et ma passion pour l’observation des ciels étoilés.
Une autre de mes vies visitées fut celle de Samouraï au Japon (qui m’a bien sur inspiré la scène avec Yamamoto). Là encore il y a un lien avec ma vie actuelle puisque jeune alors que j’étais nul en sport et souvent bloqué par mes crises de rhumatismes spondiliyarthrite ankylosante je me suis mis à pratiquer la canne de combat qui est un sport qui ressemble beaucoup au combat de sabre (on a notamment une tenue veste, pantalon matelassé, gants, avec un casque grillagé similaire à celui du kendo japonais). Or sans que je puisse expliquer la raison, je m’avérais très bon dans ce sport au point de faire de la compétition et arriver en huitième de finale nationale. Je me souviens dès que j’enfilais la tenue avec toutes les protections matelassées et que je baissais le casque grillagé j’avais dans ma tête une idée : « Le type qui est en face de moi va perdre ».
Et alors que je suis un type non violent, dès que le signal du début du combat était donné par l’arbitre, je fonçais, je frappais vite et fort avec la volonté de détruire mon adversaire au point de lui provoquer parfois des peurs paniques (en canne de combat si on tape fort la canne se brise et j’en faisais donc une grande consommation).
Enfin la dernière expérience de retour dans mes vies antérieures je l’ai accomplie un mois avant de terminer la rédaction de cet ouvrage. Je l’ai faite avec l’hypnotiseur spécialiste en régression David Picard.
Je me suis retrouvé dans une vie de soldat anglais, archer, probablement aux alentours des années 1200.
Je fus d’un coup dans l’ambiance de la guerre de cent ans. En face je savais que c’étaient des français, qu’ils étaient plus nombreux qu’ils avaient une chevalerie très lourde et très destructrice.
Je me souviens que j’étais venu tôt le matin. On s’était installé et on attendait qu’on nous donne des ordres.
On a attendu, attendu (dans les films de guerre on va directement aux scènes d’actions mais dans ce souvenir on ne savait pas quand cela allait démarrer et nos officiers nous demandaient de rester prêts). Enfin dans l’après-midi, un officier nous a dit de nous mettre en position et on a décoché pendant des heures des volées de flèches avec nos arcs à longue portée. J’ai vu nos propres chevaliers enfin partir pour l’attaque au galop.
Evidement vu que cela se passait loin nous les archers on ne voyait rien de la bataille. On a encore attendu et puis quelqu’un nous a annoncé « C’est bon nous avons gagné ! ». Voilà c’était fini.
C’était beaucoup moins spectaculaire qu’au cinéma. Quand on est soldat on ne voit rien de la bataille. Et au final j’ai fait la queue avec mes collègues pour toucher ma solde. C’était une bourse avec des pièces correspondant à une somme qui nous garantissait à peu près un mois de tranquillité. Puis j’allais récupérer mes flèches sur les cadavres pour regarnir mon fourreau jusqu’à la prochaine bataille.
En fait la vie de soldat en 1200 est un peu comparable à celle d’intermittent du spectacle de nos jours. On doit se tenir au courant des endroits où l’on embauche et ne rater aucune occasion. Donc je marchais à pieds sur les routes et les chemins, j’allais de village en village et je m’arrêtais dans les tavernes car c’est là où circulaient les informations sur les guerres en cours qui avaient besoin d’archers. Il ne fallait surtout pas rater une bataille !
Le pire pour nous était évidemment les périodes de paix ou il n’y avait pas de travail et l’on risquait de mourir de faim. Parfois on était averti trop tard et il fallait courir pour rejoindre le champ de bataille avant que cela commence.
En tant qu’archer anglais qui va de village en village, je n’avais pas de famille, pas d’enfants, pas de maison. Je dormais dans les auberges. Le principal plaisir proposé était l’ivresse par la bière (et encore elle n’était pas fraiche évidemment ). Cependant j’avais le souvenir une fois d’avoir terminé complètement saoul endormi dans mon vomi sur le trottoir. Quelqu’un avait profité de mon état d’ébriété pour me subtiliser ma bourse. J’avais retenu la leçon je ne buvais plus. De même je n’allais pas avec les prostituées car j’avais vu plusieurs de mes amis avoir de gros soucis de santé liés à cette addiction. Donc en fait de plaisir : sans maison, sans famille, sans alcool, et sans sexualité, c’était une vie plutôt limitée. Je n’avais pas vraiment d’amis, c’était juste des gens que je rencontrais dans les tavernes et avec lesquels nous jouions à des jeux de dés en racontant des souvenirs de bataille.
J’aimais les longues marches dans les forêts entre deux villages. Tout spécialement dormir à la belle étoile sous les grands arbres. Je me souviens avoir été attaqué par un groupe de brigands, (qui s’avéraient d’ailleurs des anciens collègues soldats au chômage qui essayaient de se faire un peu plus d’argent en attaquant les voyageurs).
Le combat n’avait même pas duré. Je suis mort jeune, probablement aux alentours de 30 ans (je ne fêtais pas mon anniversaire car je ne connaissais même pas ma date de naissance). Au moment de mourir je n’avais que trois regrets : ne pas avoir eu de maison fixe, ne pas avoir eu de famille, et surtout ne pas savoir ni lire ni écrire.
Cela explique peut-être cette frénésie de lecture (et d'écriture?) qui m’a prise lors des réincarnations suivantes.

Histoires vécues

22.10.2018
L'Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu en live
Le 27 septembre à Paris avec Patrick Baud du site Axolot en invité surprise.


05.10.2018
MASTER CLASS TOULON LE 19 ET 20 OCTOBRE 2018


Nouvelle Master Class:
"TOULON".
Ce sera le 19 et 20 OCTOBRE 2018
à l'Université de Toulon.
(Campus Faculté de Droit dans le centre ville à quelques minutes à pied de la gare).
Deux sessions de 4 heures.
Ouvert à tout le monde.
Avec comme d'habitude des exercices pratiques rapides pour trouver l'idée du roman✍️, construire des personnages, monter un plan, trouver une chute, puis un titre, et présenter son travail aux éditeurs.
Plus découverte de l'Hypnose et du Tarot comme moyen d'améliorer son écriture.
Au plaisir de vous y retrouver...
Pour s'inscrire c'est là:
https://www.weezevent.com/master-class-bernard-werber-ecrire-un-roman-toulon

25.09.2018
PREMIERE DEDICACE LE 04 OCTOBRE A LA LIBRAIRIE LA LAMARTINE


DONC LA PREMIERE DEDICACE OFFICIELLE DE
"LA BOITE DE PANDORE"
AURA LIEU
A LA LIBRAIRIE LAMARTINE.
118 RUE DE LA POMPE PARIS 16 EME.
LE JEUDI 4 OCTOBRE A 19H30.
Ps
Et pour rappel avant je serai le:
Le Jeudi 25 septembre 19h30 spectacle interactif ESRA en live à l'arche.
Le Samedi 29 septembre 20h30 en Auvergne au Château de Saint Saturnin.

21.09.2018
LA BOITE DE PANDORE, bande-annonce

18.09.2018
ESRA EN LIVE EPISODE 002 LE 27 SEPTEMBRE A 19H30 A L'ARCHE


Donc vu qu'on s'est bien amusé on recommence.
Voici donc l'Episode 2 de l'ESRA - en live
Ce sera le 27 Sept à 19h30
Même endroit, même nombre de places (110) même prix (20 €) mais on tient compte de la première expérience et de vos remarques de fin de séance pour améliorer la formule.
- 2 h au lieu d'1 h 30.
- Ça commence plus tôt : 19H30 jusqu'à 21h30. (plus simple pour diner après).
- Nouveaux sujets même ambiance.
- Nouvel invité surprise.

Pour s'inscrire c'est ici : 👇
https://www.weezevent.com/l-encyclopedie-de-werber-en-live-episode-002

14.09.2018
13 -“COMMENT J'AI DECOUVERT L'HYPNOSE". HISTOIRE REELEMENT VECUE N°13.


13 -“COMMENT J'AI DECOUVERT L'HYPNOSE". HISTOIRE REELLEMENT VECUE N°13.
Je me souviens.
C’était en Octobre 1992 à Bordeaux, en dédicace des Fourmis, dans un salon du livre, je discute avec mon voisin.
Il me dit qu’il a écrit un manuel pratique pour apprendre à hypnotiser.
Je lui demande s’il peut m’enseigner cette discipline.
Il me répond : « L’hypnotiseur n’a aucun mérite, c’est l’hypnotisé qui fait tout, la seule difficulté consiste à trouver de bons cobayes. »
Je propose donc à trois de mes lecteurs, deux hommes et une femme, de rester jusqu’à la fin de la dédicace pour faire une expérience d’hypnose. Ils acceptent et me retrouvent vers 17h00, à la fin de la dédicace.
Je commence par tester le plus grand et l’hypnotiseur me signale ce que je dois prononcer comme phrase :
« Fermez les yeux. Vous êtes raide comme une planche de bois. »
Le jeune homme ferme les yeux puis commence à pouffer de rire.
L’hypnotiseur me chuchote : « Laisse tomber, celui-là n’est pas le bon. »
Le cobaye me promet qu’il ne rira plus, mais l’hypnotiseur me dit : « Avec lui c’est fichu. »
Son ami se présente pour prendre la relève, mais comme les deux hommes se connaissent, l’hypnotiseur me déconseille de continuer avec ces deux-là.
Reste la jeune femme. Elle a vu que ses prédécesseurs ont échoué et elle est donc d’autant plus motivée pour réussir. Quand je lui propose de fermer les yeux, et de se sentir raide comme une planche, elle obtempère comme si elle avait peur de rater un examen.
- Et maintenant je lui dis quoi ? murmurais-je en direction de mon professeur.
- Maintenant elle est hypnotisée.
- Avec une seule phrase ?
- C’était un bon sujet. Pas comme les deux autres…
- Et on fait quoi maintenant ?
- Tu veux continuer ? Eh bien tu peux par exemple la mettre en équilibre entre deux chaises.
Alors suivant les indications de mon professeur en hypnose je répète :« Vous êtes raide comme une planche. »
Et les deux jeunes hommes qui ont échoué me servent d’assistants pour la prendre par les pieds et par les épaules.
Je dispose rapidement deux chaises écartées d’un mètre cinquante sur lesquelles les deux assistants déposent la jeune femme.
Je répète comme un mantra : « Votre corps est comme un morceau de bois, tendu et dur, vous êtes raide, complètement raide. »
Autour de nous une dizaine d’auteurs et une centaine de lecteurs peuvent nous voir. Ils circulent et discutent sans nous prêter la moindre attention.
La jeune femme tient rigide entre les deux chaises.
- Parfait, merci, dis-je à l’hypnotiseur, je ne pensais pas que c’était aussi simple.
- Ah mais ce n’est pas tout, vous pouvez aussi vous asseoir sur son ventre, elle tiendra.
- Vous plaisantez ? Je fais soixante-douze kilos elle doit en faire tout au plus cinquante, je ne veux pas prendre le risque de…
Mais déjà l’hypnotiseur fait signe au premier jeune homme cobaye qui avait échoué de s’asseoir sur la jeune femme toute raide. Il doit faire lui aussi plus de soixante-dix kilos et pourtant cela tient, même lorsque les pieds du jeune ne touchent plus le sol.
- C’est bon, dis-je, je suis convaincu. On peut la réveiller ?
- Attendez, dit l’hypnotiseur, on peut mettre une deuxième personne cela tiendra encore.
- Je préfère éviter.
L’hypnotiseur fait signe au second volontaire qui vient s’asseoir à côté du premier et qui, lui aussi, n’a plus les chaussures en contact avec le sol.
- Je préfère vraiment qu’on cesse, dis-je légèrement inquiet. Je voudrais la réveiller.
- Dommage on aurait pu mettre une troisième personne cela aurait tenu, regrette l’hypnotiseur.
Puis, alors que je fais signe aux deux hommes de descendre précautionneusement de la « femme-planche en équilibre entre deux chaises », et de la relever avec le maximum de délicatesse, l’hypnotiseur m’explique comment faire un décompte et claquer des doigts pour qu’elle se réveille.
- Trois, deux, un, je claque des doigts, elle ouvre les yeux.
- Ça va ? questionnais-je.
- Oui.
- Vous n’avez pas mal au dos, des courbatures ou des douleurs ?
- Non.
- Vous vous souvenez de quoi ?
- Vous m’avez demandé d’être raide et d’imaginer que j’étais une planche.
- Rien d’autre ?
- Non rien d’autre. Je suis contente que cela ait marché avec moi, signale-t-elle, en regardant les deux hommes qui eux aussi l’observent avec étonnement.
Je prends l’hypnotiseur à part.
- Comment est-ce possible ?
- En fait, elle s’est mise en tétanie, les muscles étaient tendus à l’extrême rien que par la force de la volonté. Cela suffit à la maintenir raide. Elle a consommé beaucoup d’énergie pour obtenir cet effet. Ce soir elle aura très faim et elle va bien dormir.
Ainsi s’est passé ma première séance d’apprenti hypnotiseur.
Par la suite, je me fis moi-même hypnotiser par mon ami magicien Pascal Leguern qui me suggéra de visualiser un cinéma dans lequel je voyais un film comique. Je fus pris d’une irrépressible envie de rire comme si je voyais vraiment ce film. Mais lorsqu’il me proposa de visualiser des moustiques qui me piquaient, je ne me grattais pas car ma mère m’avait très jeune mis la programmation « Bernard ne gratte jamais tes piqures de moustique ». Cette programmation plus ancienne étant bien ancrée, elle s’avérait plus puissante que la nouvelle proposition de Pascal.
Je constatais ainsi que je gardais totalement mon libre arbitre durant la séance. Je connaissais enfin les limites du système.
C’était finalement un système de « proposition-acceptation ». On me propose de fermer les yeux. On me propose de m’imaginer au cinéma. Je suis la demande ou je ne la suis pas. On me propose de rire, j’accepte, on me propose de me gratter, je refuse.
Je reçus d’autres instructeurs par la suite, notamment, l’auteur Alejandro Jodorowski qui m’apprit sa propre technique d’hypnose. À la fin de dîner entre amis, je commençais alors à pratiquer des séances pour ceux qui étaient intéressés. J’avais compris que plus je pratiquais, plus je comprenais comment améliorer l’efficacité de mes inductions.
Cependant, je mis rapidement fin à ces soirées car je voyais bien que certains me regardaient avec méfiance, comme si j’étais un magicien ou un sorcier.
Je me rendais par contre dans des spectacles d’hypnose et était toujours volontaire pour monter sur scène.
Je me souviens notamment d’une séance lors des rencontres Science frontières à Cavaillon où un célèbre hypnotiseur présentait son numéro. Il réclamait des volontaires et je me désignais aussitôt.
Nous étions quatre sur la scène, et il nous tendait à chacun une banane, tout en annonçant : « Grace à mon pouvoir d’hypnotiseur, je vais avec la seule force de la pensée persuader ces personnes que cette banane a un goût de citron. »
Alors qu’il parlait, je remarquais cependant un trou dans la base de ma banane, ce qui me fit penser qu’il avait dû injecter, avec une seringue, du jus de citron dans la base du fruit.
L’hypnotiseur vit que j’avais vu et il dit :
- Vous, là, le type à lunettes, vous êtes quoi myope, presbyte, astigmate ?
- Myope, monsieur.
- Ah ? Ce tour ne marche pas sur les myopes. Est-ce que quelqu’un sans lunettes peut venir le remplacer.
La suite du tour se passa comme prévu, car à force de manger la banane, ils arrivèrent à la zone où avait été injecté le jus de citron. Tous dirent que le goût avait changé pour devenir en effet plus « citronné ».
Cependant l’hypnotiseur m’en voulait d’avoir compris son truc, alors, au tour suivant, il lança :
- Vous le type myope à lunette, vous voulez toujours être cobaye ? J’ai un autre tour pour vous.
Je me retrouvais donc à nouveau avec quatre autres volontaires.
- Cette fois-ci, je vais vous proposer de toucher cette boule en fer. Vous voyez, elle est froide. Eh bien, rien qu’avec le pouvoir de la pensée, je vais vous donner l’impression qu’elle est chaude, au point de vous brûler. Certains auront même des cloques ou des vraies brûlures !
Il roule les yeux pour montrer le degré de puissance de son stimuli.
Il nous fait donc constater à chacun que la boule de métal est froide, puis il dit :
- Voilà, maintenant, je vais vous convaincre qu’elle est chaude.
La première personne touche et reconnaît qu’elle a l’impression que c’est tiède, la seconde que c’est un peu chaud et la troisième signale que c’est très chaud.
Quand il arrive à moi, il me fixe avec dureté :
- Alors je vous ai averti que certaines personnes allaient être brulées, vous doutez encore, monsieur le sceptique ?
J’observe la boule de fer.
- Je me doute que c’est bouillant puisque je vois que cela génère un peu de fumée, probablement du fait de la sueur déposée par les doigts des autres cobayes qui m’ont précédé.
Je n’osais lui dire que je pensais qu’à l’intérieur de la boule, il devait y avoir une zone remplie de sodium. Et comme je l’avais vu renverser la boule avant de nous la donner au deuxième tour, il avait certainement créé un contact entre l’eau et du sodium. Ce mélange produit un fort dégagement de chaleur.
Il afficha un air victorieux, et répondit simplement d’un ton clair.
- Donc vous n’osez pas la toucher par peur de vous brûler, n’est-ce pas ? Et vous reconnaissez que le pouvoir de la pensée peut créer des cloques !
Et il se tourna vers la salle qui l’applaudit bien fort.
Je venais de comprendre que dans ce domaine, l’hypnose, c’est comme partout, il y a des gens honnêtes et des malhonnêtes, et quand on me pose la question : « alors l’hypnose, ça marche ou ça ne marche pas ? », je réponds : « Ça marche, mais pas sur tout le monde et pas avec n’importe qui. Quant à la meilleure manière de le vérifier reste encore d’essayer. »
Malgré ses déceptions avec des truqueurs (même si je comprends qu’ils soient obligés d’utiliser des artifices pour ne pas risquer le fiasco devant leur public), je reste persuadé que l’hypnose est un bon outil d’exploration et d’action sur la pensée. Beaucoup d’amis ont arrêté de fumer, sont arrivés à mieux dormir ou ont surmonté leur phobie par l’hypnose. De même l’hypnose Ericksonienne me semble une méthode plus rapide et plus efficace que la psychanalyse freudienne pour dénouer les nœuds douloureux de son enfance. Mais là encore, cela dépend surtout de la personnalité et de l’honnêteté du thérapeute. Il n’y a pas de miracle, il n’y a pas de magie, il n’y a que la puissance de notre pensée qui, elle, n’a pas de limite.


Histoires vécues

  
home

A paraitre le 26 septembre
 

Tous les livres...

Rencontres et dédicaces
23 novembre - Rouen
Rencontre et dédicace à la librairie L'Armitière à 18h

25 novembre - Toulon
Rencontre et dédicace à 17h au salon ''Fête du Livre du Var'', Place d'Armes

1er et 2 décembre - La Baule
Au "Rendez-vous des Écrivains"

6 décembre - Brest
Rencontre et dédicace à 18h à la librairie Dialogues (rue de Siam)

Toutes les dates...


Tout l'album photo...

Vidéos

2018

2017

2016

2015

2014

2013

2012

2011

2010

2009

2008

2007