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Autrefois,
afin que certaines idées jugées subversives
par le pouvoir en place n'atteignent pas le grand public,
une instance policière avait été
instaurée: la censure d'Etat, chargée
d'interdire purement et simplement la propagation des
úuvres trop subversives.
Aujourd'hui
la censure a changé de visage. Ce n'est plus le
manque qui agit mais l'abondance. Sous l'avalanche
ininterrompue d'informations insignifiantes, plus personne
ne sait où puiser les informations
intéressantes. En diffusant à la tonne toutes
sortes de musiques similaires, les producteurs de disques
empêchent l'émergence de nouveaux courants
musicaux. En sortant des milliers de livres par mois, les
éditeurs empêchent l'émergence de
nouveaux courants littéraires. Ceux-ci seraient de
toute façon submergés sous la masse de la
production. La profusion d'insipidités identiques
bloque la création originale et même les
critiques qui devraient filtrer cette masse n'ont plus le
temps de tout lire, tout voir, tout
écouter.
Si
bien qu'on en arrive à ce paradoxe: plus il y a de
chaînes de télévision, de radios, de
journaux, de supports médiatiques, moins il y a
diversité de création. La grisaille se
répand.
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